Devenir entraîneur, guide pour les éducateurs

Guide pour les éducateurs


Il existe des enfants qui, bien qu’ils soient d’une intelligence au moins dans la normale, ont du mal à se plier à la vie du groupe et ont visiblement du mal à maîtriser les subtilités des relations sociales au même niveau que la quasi-totalité de leur classe ou de leur groupe d’âge. Ces enfants présentent un défi de taille pour les professionnels travaillant en milieu scolaire.et associatif  

Ces enfants sont généralement perçus comme excentriques et bizarres par leurs compagnons de classe. Leurs difficultés sociales les amènent souvent à être des boucs émissaires. Des intérêts obsessifs alimentent le plus souvent leur présentation bizarre. De tels enfants manquent de compréhension concernant les relations humaines ainsi que les règles et conventions sociales. Ils sont naïfs et manquent de sens commun, malgré leur intelligence. Leur rigidité et leur difficulté à gérer le changement les rendent anxieux et vulnérables. Par ailleurs, ces enfants (en majorité ce sont des garçons) démontrent une intelligence égale ou supérieure à la normale et possèdent d'excellentes capacités de mémoire (sauf parfois pour la mémoire des visages).

Bien entendu, ces enfants forment une catégorie hétérogène. Chacun et chacune d’entre eux possède des forces et des difficultés différentes, des valeurs et des intérêts personnels ainsi qu'une personnalité propre à chacun. Les symptômes retrouvés chez ces enfants se manifestent de façon différente. Chaque enfant a des besoins éducatifs différents et il n'existe pas de méthode miracle fonctionnant avec tous ces enfants.

Sept caractéristiques fréquentes parmi de tels enfants sont décrites ici. Plusieurs suggestions et stratégies à utiliser en classe en fonction des symptômes sont recommandées.


La résistance au changement

De tels enfants sont facilement troublés par le changement, ils sont très sensibles aux modifications de l'environnement. Ils sont anxieux et tendent à avoir des comportements obsessifs lorsqu'ils ne peuvent prédire ce qui les attend. Ils peuvent s'engager dans des routines ritualisées. L'anxiété, la fatigue et leur sensibilité émotive les rendent facilement hors de contrôle.

Les suggestions:

- Donner un environnement sécurisant. Limiter autant que possible les intrusions imprévues de personnes étrangères à la classe, les bruits soudains ou inexpliqués.

- Minimiser les transitions. Un temps de transition d’une activité à l’autre peut être vécu par certains d’entre eux comme une période où il n’y a pas de consigne précise. Ils peuvent s’agiter car ils ne savent pas quoi faire, ou bien comment se comporter.

- Offrir une routine quotidienne. L'enfant doit comprendre chaque routine et prévoir l'ordre selon laquelle elle se produit pour se concentrer sur la tâche. Cela lui ôte le souci de savoir ce qu’il ou elle aura à faire " après ". Veiller de son côté à respecter les routines ainsi établies.

- Éviter les surprises; préparer l'enfant à l'avance pour les activités spéciales, les modifications d'horaire ou tous autres changements de routine.

- Tenter de diminuer les peurs en exposant graduellement les enfants dans de nouvelles activités, leur présenter un nouvel enseignant, un nouveau milieu de travail. Les informer calmement de ce qui les attend permet de prévenir les peurs obsessives.

- Les plus jeunes de ces élèves bénéficient grandement de la présence d’une auxiliaire personnelle dès l’entrée en classe. Il est judicieux de penser à prévoir cette présence à l’avance, cela limite la survenue de crises de colère dans les premiers temps d’adaptation de l’enfant, et donc diminue fortement le risque de rejet par les autres enfants, et d’exaspération pour l’enseignant.

L'altération des interactions sociales

Ces enfants démontrent des difficultés à comprendre les règles sociales. Ils sont volontiers naïfs, égocentriques, n'aiment pas souvent le contact physique, ne parlent souvent aux gens que par l'intermédiaire de leurs intérêts spécifiques, ont beaucoup plus de mal que les autres à comprendre les blagues, les sarcasmes ou les métaphores. Ils utilisent volontiers un langage ritualisé, parfois une intonation monotone, un contact visuel et des comportements gestuels inappropriés. Ils manquent souvent de tact, ils interprètent mal les indices sociaux et ne peuvent juger de la distance sociale (ils se rapprochent ou s’éloignent des autres plus que ne le veut la situation). Ils démontrent de pauvres compétences à engager et maintenir une conversation. Ils développent un bon langage mais ont une communication atypique et de moins bonne qualité que ne le veut leur âge et leur niveau intellectuel. Ils sont parfois étiquetés comme de petits professeurs à cause de leur langage trop mature utilisant un vocabulaire peu fréquent dans le langage commun, et à plus forte raison dans celui d’enfants de leur âge. Ils sont fréquemment exploités et tournés en ridicule par les autres enfants. Malgré tout, ils désirent faire partie du monde social et avoir des amis mais ne savent comment faire ni pour en trouver, ni pour les conserver. Ils ont fréquemment du mal à faire la différence entre leurs vrais amis, leurs faux amis, et les enfants qui leur veulent du mal.

Les suggestions:

- Protéger l'enfant afin qu'il ne soit pas ridiculisé.

- Pour les jeunes enfants ayant des difficultés d’intégration sociale, même le jeu libre doit être structuré, car ces enfants favoriseront spontanément soit des activités non menaçantes pour eux, soit des activités solitaires et ritualisées. Il faut encourager l'enfant à jouer avec un ou deux enfants sous supervision afin de lui offrir l'opportunité de développer ses habiletés sociales. Et reprendre avec eux le déroulement du jeu, pour leur expliquer ce qu’ils ont fait de bien, et aussi de moins adapté, dans un langage logique plutôt qu’en faisant appel aux émotions.

- Pour les enfants plus âgés, enseigner aux autres élèves ce que sont les altérations sociales en décrivant les problèmes sociaux de leur camarade comme des difficultés réelles. Donner de l'information, promouvoir l'empathie et la tolérance des autres enfants peut prévenir le fait que ces élèves soient persécutés.

- Puisque les jeux de compétition impliquent des conventions sociales, il est parfois trop difficile pour l'enfant ayant des difficultés sociales de comprendre ces conventions du premier coup et de les appliquer. Par exemple, il peut passer la balle à un adversaire qui la lui a " gentiment " demandée.

- Mettre l'accent sur les savoirs de l’élève afin de créer des situations coopératives d'enseignement dans lesquelles les forces de l'enfant telles la lecture, le vocabulaire, la mémorisation peuvent être observées par les autres élèves du groupe. Cette façon de faire augmentera l'estime de soi de l'enfant qui a du mal à s’insérer et engendrera plus d'acceptation chez les autres élèves.

- Plusieurs de ces enfants veulent des amis mais ne savent comment interagir. Il faut leur enseigner à réagir aux indices sociaux et leur fournir un répertoire de réponses à utiliser lors des différentes situations sociales. Apprendre à l'enfant à les dire et comment les dire. Faire des jeux de rôles afin qu'ils puissent s’entraîner. Le jugement social de ces enfants s'améliore seulement lorsque les règles leur sont apprises. Il ne faut pas craindre d’être explicite : ces enfants ont du mal à aller au-delà des apparences, leur compréhension des situations sociales est habituellement immature et très concrète.

- La compréhension des émotions peut aussi être enseignée. Ils peuvent tout à fait apprendre à réagir aux émotions des autres. Lorsqu'ils sont insultants, insensibles ou qu'ils ont manqué de tact, il faut que l’enseignant ou l’auxiliaire de ces enfants leur explique pourquoi leurs réponses ont été inappropriées et quelles réponses ils auraient dû émettre. Ils doivent apprendre les règles sociales car leurs altérations à ce niveau sont causées par un manque d'indices et d'intuition.

- Les plus âgés d’entre eux peuvent bénéficier d'un système de tutorat. L'enseignant peut jumeler l'enfant à un autre élève de sa classe afin que celui-ci intègre l'enfant aux activités scolaires.

- Les élèves dont nous parlons tendent également à être en retrait. Les enseignants se doivent donc d'impliquer les autres élèves du groupe. Il est important d'encourager les activités de socialisation et de limiter le temps où les élèves ont à effectuer des activités isolées exclusivement selon leurs intérêts particuliers. L'enseignant peut encourager un autre élève à stimuler l'élève à participer à la conversation. L’élève peut ainsi être encouragé à répondre aux questions des autres élèves mais aussi à s'intéresser aux opinions des autres sur un sujet donné.

Les intérêts restreints


Les enfants dont nous parlons ont souvent des préoccupations excentriques ou bizarres, ainsi que des fixations intenses. Ils ont tendance à focaliser leur attention sur leurs intérêts et ont du mal à les laisser de côté. Ils peuvent poser des questions répétitives seulement sur ces sujets. Ils suivent leur propre activité sans s'intéresser à d'autres sujets que celui qui les préoccupe.

Les suggestions:

- Ne pas encourager l'enfant à persévérer dans ses discussions ou à questionner à plusieurs reprises sur son sujet d'intérêt. Limiter ce comportement en désignant un temps spécifique durant la journée où l'enfant pourra en parler. Cette période sera une partie intégrée dans la routine quotidienne et l'enfant apprendra rapidement à ne pas s'adonner à ses intérêts lorsque la période ne s'y prête pas. Le cas échéant, l’auxiliaire de l’enfant sera là pour le rappeler à la règle.

- Utiliser l'attention sélective afin de façonner un comportement désiré. C'est-à-dire le féliciter lorsqu'il est attentif aux demandes ou lorsqu'il converse avec un élève sur un sujet différent de ces préoccupations. Dans le même ordre d’idées, on va ignorer le comportement indésirable afin de le voir s’éteindre, ou aussi élaborer un contrat de comportement pour ses attitudes de persévérance envers un sujet spécifique.

- Quelques enfants ne voudront pas effectuer des travaux autre que sur leur sujet d'intérêt. Des attentes fermes doivent être mises en place pour que l'enfant complète son travail scolaire. Il doit être clair que l'enfant n'a pas le contrôle et qu'il doit suivre des règles spécifiques. A d'autres moments, il sera important d'instaurer des périodes où l'enfant pourra avoir l'opportunité d'explorer ses intérêts personnels.

- Pour des enfants plus rebelles, il sera peut-être nécessaire d'individualiser tous les travaux autour de leur sujet d'intérêt et graduellement introduire d'autres sujets. Utiliser la fixation de l'enfant pour diversifier son répertoire d'intérêts. Par exemple, lors d'un cours de sciences de la vie un enfant qui s'intéresse grandement aux lions peut étudier l'animal en soi, mais aussi son alimentation, son mode de reproduction, son habitat, ses ressemblances ou ses différences d'avec le tigre ou l'éléphant. Faire un poème sur les lions ou faire des mathématiques en utilisant les lions comme objet du problème.


Les difficultés de concentration

Certains de ces enfants sont souvent portés à faire autre chose que la tâche demandée. Ils peuvent être facilement distraits par les stimuli extérieurs. Ils peuvent être perturbés par des stimuli qui ne dérangent pas la plupart de leurs camarades (un bruit même lointain, un reflet, le brouhaha de la classe). Ils sont désorganisés, ont des difficultés à soutenir leur attention sur les activités se déroulant en classe. Ils ont tendance à être absorbés dans leurs pensées de sorte qu'ils semblent être dans la lune. Cette attitude interfère avec les apprentissages, surtout lorsqu'ils sont en situation de groupe.

Les suggestions:


- Il faut structurer le temps et l’espace de façon très visible pour l'enfant afin de contrôler le rendement du travail en classe. Les consignes doivent être écourtées. Une consigne longue risque d’être partiellement oubliée, ou d’accroître la confusion de l’enfant. L'enseignant doit également diriger l'enfant à sa tâche et donner plusieurs rétroactions.

- L'enfant ayant des difficultés sévères de concentration bénéficiera de séances de travail définies. Cette structure les aide à s'organiser. Ces enfants peuvent quelquefois être dans la lune, ils ont besoin de consignes claires et d’un programme structuré. Le renforcement positif est suggéré pour obtenir leur collaboration (valoriser les comportements alternatifs et appropriés à chaque fois qu’ils sont présents).

- Dans le cas d'enfants intégrés dans une classe ordinaire, leur pauvre concentration, leur rendement scolaire plutôt lent et leur désorganisation peut faire en sorte qu'il soit nécessaire d'avoir une ressource supplémentaire où l'enfant peut effectuer son travail avec un éducateur spécialisé dans un local spécial afin qu'il complète ses exercices et ses devoirs.

- Asseoir l'enfant en avant de la classe permet à l'enseignant d'utiliser plusieurs consignes pour que l'enfant se rappelle d’exécuter sa tâche .

- Trouver un signe ou un geste qui sera compris par l'enfant. Ce geste sera un indice lui permettant de reprendre son travail sans que l'enseignant ait à intervenir et à déranger le reste de la classe.

- Les plus jeunes de ces élèves bénéficient grandement de la présence d’une auxiliaire pour recentrer leur attention sur le travail, reformuler les demandes, faire prendre conscience à l’enfant du temps qu’il reste pour réaliser la tâche demandée.


- Si un système de tutorat est utilisé, l'élève tuteur peut aider l'enfant à reprendre ou continuer sa tâche. Ce rôle est habituellement tenu pour les enfants jeunes par une auxiliaire personnelle.

- L'enseignant doit encourager activement l'enfant à laisser ses fantaisies et à se recentrer sur la tâche. Il est important de souligner que les fantaisies peuvent être plus attrayantes ou renforçantes que la matière vue en classe. Celles-ci sont donc difficiles à éliminer.

- Le recours à des médicaments psychostimulants peut être nécessaire dans certains cas. Le plus connu en France est la Ritaline. Ces molécules augmentent la capacité d’attention, elles contribuent aussi à diminuer l’impulsivité et l’agitation. La première prescription doit avoir lieu dans une consultation de pédiatrie, de neurologie ou de psychiatrie à l’hôpital. Leur dosage doit être adapté pour chaque enfant, car les doses optimales et les effets observés varient beaucoup d’un enfant à l’autre.

 

L'altération de la coordination motrice

Certains de ces enfants socialement malhabiles sont aussi malhabiles physiquement. Ils sont rigides et ne réussissent pas très bien dans les jeux demandant des habiletés motrices. Leurs difficultés au niveau de la motricité fine cause également des problèmes de calligraphie, un ralentissement des tâches scolaires et des difficultés à dessiner ou à écrire.

Les suggestions:

- Adresser l'enfant maladroit à un programme d'éducation physique, de kinésithérapie, ergothérapie, psychomotricité si les problèmes de motricité sont sévères.

- Impliquer l'enfant dans un programme d'éducation physique avec des sports individuels (natation, patinage libre) plutôt qu'un programme sportif de compétition (qui risque de ne pas l’intéresser) ou de sports collectifs (qui risque de ne pas l’intéresser non plus, et de faire ressortir ses difficultés sociales).

- Ne pas exiger de l'enfant qu'il participe à un sport de compétition s'il a des difficultés de coordination motrice, cela pourrait engendrer de la frustration et de la tension avec les membres de l'équipe.


- L'enfant peut bénéficier d'un programme individualisé en bricolage afin d'apprendre à tracer, copier, couper du papier, trier de petits objets etc.

- Lorsque vous fixez un temps limite pour effectuer un travail, assurez-vous que l'enfant possède assez de temps pour écrire et bien former ses lettres et ses chiffres. D’autant que ces enfants sont volontiers perfectionnistes.

– Les enfants malhabiles ont besoin de plus de temps que leurs pairs pour compléter un travail ou un examen. Laissez plus de temps à l'enfant ou dirigez-le en classe ressource avec un éducateur pour qu'il puisse nous démontrer son potentiel et ses acquis.


 

Les difficultés scolaires


La plupart des enfants qui ont des difficultés d’intégration sociale ont un niveau d'intelligence se situant dans la moyenne. Toutefois, ils ont des difficultés au niveau des tâches demandant du raisonnement ou de la résolution de problème. Leur perception et leur compréhension des choses sont concrètes. Leur langage est formé d'un vocabulaire impressionnant qui donne une fausse impression de leur compréhension lorsqu'ils parlent. En réalité, dans leur jeune âge ils répètent textuellement ce qu'ils ont lu ou entendu. Ils ont souvent une excellente mémoire mais elle est mécanique.

Les suggestions:

- Offrir un programme scolaire individualisé pour qu'ils puissent obtenir du succès dans leur travail. Ils ont une grande motivation mais ne peuvent suivre leur propre impulsion. Les apprentissages doivent être récompensés et effectués dans un environnement confortable et stable.

- Les critiques lorsqu’il y a lieu devront s’adresser au comportement de l’enfant (" Ton devoir est mal organisé ") plutôt qu’à sa personne (" Tu es un cochon ! ") ou qu’à la relation que l’adulte a avec lui (" Tu travailles tellement mal, on dirait que tu le fais exprès pour m’embêter").

- Ne pas supposer que l'enfant comprend une nouvelle notion parce qu'il la répète par la suite.

- Offrir à l'enfant des explications supplémentaires et tenter de simplifier lorsque les notions sont abstraites.

- Maximiser le fait qu'ils ont en règle une excellente mémoire. Relever des faits, des dates et des informations factuelles pour les stimuler.

- Retenir que les nuances émotionnelles, les nouvelles façons de présenter une matière ainsi que de nouvelles notions sont souvent incomprises.

- Les compositions de français des enfants dont nous parlons sont souvent répétitives. Ils passent d'un sujet à l'autre sans savoir faire de transition et utilisent des mots parfois inexacts pour s'exprimer. Ces enfants ne font pas nécessairement la différence entre les connaissances générales et leurs idées personnelles et ils supposent que l'enseignant comprendra leur expression.

- Ces enfants ont le plus souvent une excellente capacité de lecture globale ou de reconnaissance des mots, mais la compréhension du langage écrit peut être nettement plus pauvre. Ne pas supposer que les élèves comprennent nécessairement ce qu'ils lisent, même en lecture à voix haute.

- Le travail scolaire peut souvent être de mauvaise qualité car ces enfants ne sont pas motivés à faire des efforts dans les matières qui ne les intéressent pas. Des attentes fermes doivent être formulées afin qu'ils produisent un travail de qualité. Le travail exécuté dans un moment donné doit être fait minutieusement même s'il ne peut être complété.

- Le type d’enfant dont nous parlons peut s'attendre à poursuivre ou compléter son travail lors de la récréation ou à la fin des classes s'il s'est adonné à exécuter des tâches sur ses intérêts particuliers plutôt que d'avoir accompli la tâche demandée. Cela peut être très bien accepté si la situation leur est présentée de façon rationnelle (et non en passant par les sentiments). Et cela peut même permettre à l’élève de se détendre vraiment, si ses capacités sociales ne lui permettent pas de comprendre toujours ce qui se passe autour de lui en cour de récréation.

 

La vulnérabilité émotionnelle

Les enfants avec des difficultés de socialisation ont en règle un niveau d'intelligence suffisant pour suivre un cursus scolaire normal. Toutefois, ils n'ont pas appris à réagir adéquatement face aux demandes de l'environnement scolaire. Ces enfants sont facilement anxieux dû notamment à leur rigidité devant les nouvelles situations, tâches ou personnes. La nouveauté les effraie souvent. Leur estime de soi est faible, ils sont souvent très critiques face à eux-mêmes et tolèrent très peu de faire des erreurs. A l'âge de l'adolescence, ils peuvent développer des troubles dépressifs. Leur réponse à l'anxiété peut se démontrer par des crises de rage et de colère. Ils sont rarement calmes, et sont facilement dépassés lorsque les choses ne sont pas comme ils le veulent.

Les suggestions:

- Les enfants dont il s’agit deviennent souvent anxieux, colériques et contrariés lorsqu'il y a des changements imprévus. Prévenir les crises de colère en offrant un niveau de consistance élevé : minimiser les imprévus, offrir un emploi du temps prévisible. Préparer les enfants lorsqu'il y a un changement dans leur routine afin de diminuer leur anxiété.

- La présence d’une auxiliaire contribue là aussi à réduire fortement les réactions émotionnelles intempestives des plus jeunes.

- Si l’élève ou son entourage a pu apprendre à reconnaître les signes de stress avant que celui-ci ne soit excessif, la mise en action de mesures anti-stress peut prévenir les débordements. Aider les enfants à écrire une liste d'étapes à faire lorsqu'ils se sentent tendus. Inclure des comportements ritualisés dans la liste si cela permet à l'enfant de se calmer. Écrire ces étapes sur des cartes afin que l'enfant puisse les consulter rapidement et en tout temps.

- Enseigner à l'enfant à gérer son anxiété afin d'éviter les crises de colère, par exemple au moyen d’exercices de respiration diaphragmatique.

- L'enseignant se doit d'être calme et patient. Son ton de voix doit aussi être posé. Ainsi, cela diminue le stress ressenti par l’élève lorsqu’il y a besoin de lui formuler des critiques, or le stress risque de leur faire perdre tous leurs moyens donc rendre les observations inopérantes. Les éclats de voix peuvent être reçus par certains enfants comme des stimulations sensorielles intolérables, ce qui les stresse et peut les amener à répondre sur le même ton.

- Ne pas s'attendre à ce que l'enfant prenne conscience qu'il est triste ou dépressif, puisqu'il lui est difficile de prendre conscience de la variété de ses émotions, et de mettre un nom dessus.

- Dans le même ordre d'idées, il lui est difficile de percevoir les émotions des autres. Il peut être utile de reprendre au calme un incident arrivé en classe et d’expliquer à l’enfant quelles étaient les émotions et les pensées des autres enfants impliqués dans l’incident. La compréhension rationnelle de la situation aide l’enfant à éviter de recommencer. Un petit texte expliquant simplement les alternatives au comportement indésirable peut être rédigé avec la participation de la famille ou du psychologue scolaire, selon la technique dite des " scénarios sociaux " mise au point par Carol Gray, rééducatrice scolaire.

- L'enseignant doit être vigilant afin de percevoir les changements de comportements indiquant des signes dépressifs tels que la désorganisation, l'inattention, le retrait excessif, la fatigue chronique, les pleurs et les idées suicidaires. Dans ce cas, faire un rapport écrit relatant les symptômes à la famille et au médecin référent de l’enfant et ne pas hésiter à recommander le recours à un spécialiste utilisant les médicaments antidépresseurs en plus d’une psychothérapie adaptée aux particularités de l’enfant. (A titre d’information : il n’est pas rare que la prise d’antidépresseurs à très faible dose aide certains de ces enfants et adolescents à maîtriser leurs sautes d’humeur, sans qu’il s’agisse pour autant d’enfants dépressifs).

- Etre vigilant auprès des adolescents. Les habiletés sociales sont importantes à cette période puisqu'ils réalisent qu'ils sont différents et qu'il leur est difficile d'avoir des relations sociales satisfaisantes. Par exemple, ils ne comprennent pas que si jusque là être gentil avec les autres aide un élève à être accepté, à l’adolescence les mauvais tours, les médisances, les remarques blessantes rendent populaires leurs auteurs. Ils peuvent alors adopter ces comportements, sans savoir où s’arrêter, ou bien en être les victimes. Ou bien, ils peuvent ne pas remarquer les approches d’adolescents du sexe opposé, ou prendre des gestes anodins pour des manifestations d’intérêt ou d’affection.

- Utiliser des stratégies d'enseignement créatives avec de tels enfants non seulement pour faciliter leurs succès scolaires mais surtout pour les aider à répondre aux demandes de la vie quotidienne avec les adultes et leurs pairs.

Source : Entraineursecoledefootball

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